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Le champ pédagogique de 6 ha de Sanon a offert ses premières récoltes de mil et sorgho

Les travaux de clôture de ce nouveau périmètre expérimental étant achevés ainsi que la plantation d’épineux bordant et doublant cette clôture, les premières mises en culture ont pu être réalisées.

Pour cette première saison de fonctionnement, 4 parcelles (sur 8 prévues) ont été plantées selon des méthodes économes en eau tels que le zaï* et les bakas*(* cf. définitions ci-dessous).

Ces techniques agro écologiques pratiquées par de jeunes agriculteurs motivés ont porté leurs fruits. En effet, sorgho rouge et mil associé à des haricots ont produit une belle récolte qui a fait l’admiration de bon nombre d’agriculteurs du village. Gageons qu’ils auront bientôt tous envie de pratiquer ces méthodes et ainsi d’augmenter leurs récoltes et leurs ressources.

D’autre part, une pépinière d’arbres d’essences locales a été créé dans l’objectif de les implanter ultérieurement dans la cour du collège.

Zaï

*Le zaï (photo ci-dessus) est une culture en poquet permettant de concentrer l’eau et les engrais biologiques dans des trous de 30 à 40 cm de diamètre et  10 à 15 cm de profondeur dans lesquels sont plantées les céréales. La terre retirée est déposée en croissant en aval des trous évitant que la terre et les fertilisants soient entraînés par les eaux.

Les matières organiques déposées dans chaque micro bassin avant la période des pluies attirent les termites  qui creusent des galeries jusqu’à la surface  permettant ainsi  l’infiltration de l’eau et la formation de poches d’eau en profondeur.

Cette technique permet donc de maîtriser l’érosion, favorise l’enracinement profond des cultures et augmente considérablement les rendements des céréales. Technique particulièrement avantageuse dans la terre très pauvre de la zone subsahélienne où se situent Sanon et Sourgou.

Champ pédagogique baka & sorgho

*Le Baka (photo ci-dessus) est une petite mare creusée au point déclive de chaque parcelle permettant le recueil des eaux de ruissellement lors de la saison des pluies et favorisant l’infiltration des eaux pluviales vers les nappes phréatiques. Leur capacité est d’environ 4 à 5 m3.

Grand périmètre cultivé de Sanon

Le grand périmètre cultivé de Sanon : création et évolution

En 1989, la CEE créée une rizière de 2,7 ha dans les bas-fonds de Sanon où un forage fut réalisé.

La saison des pluies permet la culture du riz, on parle de riz pluvial.
La saison sèche permet de pratiquer le maraîchage.

Le périmètre périclita lorsque  l’encadrement européen quitta le pays en 1991 bien qu’il ait demandé au gouvernement du Burkina Faso de continuer l’action « rizière ». Mais aucun engagement écrit n’ayant été signé et aucune ONG n’ayant pris la relève, le moniteur n’a plus été payé, le trésorier est parti avec la caisse et la misère est revenue chez les villageois.

Accéder à l’autonomie et à la suffisance alimentaire sont les objectifs des Puisatiers :

A partir de 2002, les Puisatiers restaurent le site et ses différentes installations avec l’aide de l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse : clôture, pompes immergées, groupe électrogène, château d’eau, bassins d’irrigation, canaux de répartition et achètent : petit matériel de culture, semences, engrais et carburant pour les groupes.

Une centaine de villageois redémarre les cultures,  encadrée par un moniteur agricole burkinabè dont la formation et la rémunération furent prises en charge par les Puisatiers.

Bassin d'irrigation et canux de répartition entre les parcelles

Une convention entre les Puisatiers et le Comité de gestion est signée indiquant en particulier la nécessité de gérer les revenus engendrés par les récoltes, afin de prévoir et assumer les achats et interventions nécessaires pour assurer la maintenance du matériel.

Signature de convention

La formation de 2 jeunes volontaires au BEP de moniteur agricole et un stage d’électromécanique pour un 3 ème sont pris en charge financièrement par les Puisatiers.

 En 2008, une installation solaire complète l’installation ce qui  permet le pompage de l’eau dans la journée diminuant ainsi la quantité de carburant (très onéreux) utilisé la nuit pour remplir le château d’eau.

En 2015, une remise en état, conformité et sécurité de toute l’installation de pompage est effectuée.

Rénovation et Sécurisation

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Famine évitée en mars 2008

Une saison des pluies désastreuse en août 2007

Dans la région de Sanon et Sourgou, la saison des pluies 2007 fut désastreuse et les récoltes très mauvaises.

Dès mars 2008, les instituteurs nous informaient que les cantines étaient fermées et que les enfants ne mangeaient plus que tous les trois jours, ne parvenant plus à travailler l’après-midi tant ils avaient faim.

En avril les greniers étaient vides, comment les villageois pouvaient-ils se nourrir jusqu’aux récoltes d’octobre ?

A Sourgou, la digue du barrage s’est rompue inondant les zones de culture.

La famine était inéluctable, il fallait agir 

Notre représentant à Ouagadougou prospecta aussitôt les régions du Sud du pays moins affectées par les inondations  pour réserver, avant la fin des moissons des céréales : mil,  sorgho et maïs blanc. A Ouagadougou il loua un magasin pour stocker le grain. Ce local a été nettoyé et sécurisé.

Ce sont 1610 sacs soit 167 tonnes de grains qui ont été  transportées de leur région d’origine au magasin puis aux villages de Sanon et Sourgou.

En novembre 2007 un sac de grains coûtait 6 500 Fcfa, l’inflation fut rapide et importante  puisqu’en mars 2008, le même sac valait 12 500 Fcfa !

Financièrement,  les Puisatiers ont été aidés par le Conseil Régional de Lorraine, le Conseil Général de Meurthe et Moselle, la Communauté de communes des 3 vallées et les lycéens et professeurs du Lycée Mayer de Creutzwald.

La vente de céréales à « prix social » aux villageois

Nos correspondants, Francis Zongo à Sanon et Abdou Salam Kaboré à Sourgou  organisèrent les distributions.

Distribution des céréales

Dans chaque village un comité a été formé, présidé par les maires, pour assurer une comptabilité détaillée et vérifier que les quotas définis par famille étaient respectés.

A l’annonce des distributions par les conseils municipaux, les visages des mères de famille se sont illuminés, elles étaient tellement anxieuses pour leurs enfants…

Femme venue s'approvisionner en céréales